Qui gagne plus de poings ?

On est là pour débattre. Mais les plans changent. C’est la nature même du politique. On jette donc les dés pour se battre. Le jeu commence L’esprit sportif est à son comble. Et alors, on découvre les talents cachés d’analystes, de docteurs, de politologues… Finalement, les jeux de mains ne sont pas que des jeux de gamins… Carton rouge! Pour les deux. L’arbitre a beau calmer les joueurs, rien ne peut arrêter l’émission d’adrénaline. Heureusement, il ne s’agit que d’un studio. Si c’était un stade de foot, on verrait du feu et quelques sept dizaines de morts.
Comme au théâtre
Acte ?
Premier tableau
Décor
Studio MTV. Au milieu, une table jonchée de papiers. Trois chaises : une pour le journaliste et deux pour les intervenants. Trois verres d’eau. A droite du journaliste, un écran.
Scène 1. Fayez Choukr, secrétaire-général du parti Baas, Moustapha Allouche, ancien député et membre du bureau politique du Courant du Futur et Walid Abboud, présentateur de l’émission« Bimawdou’ieh ».
Fayez Choukr. – Mon cœur t’implore à bien écouter le discours
Du président Assad (après acquiescement de l’interlocuteur). Alors, n’es-tu pas pour ?
Moustapha Allouche. – Calomnie ! Calomnie d’un être de mensonges
Fayez Choukr, s’énervant, jetant le verre d’eau à la figure du journaliste, se levant après quelque temps,se dirigeant vers l’autre intervenant qui essaye de seprotéger avec sa chaise et qui est retenu par Walid Abboud dont les implorations restent muettes et vaines. – Mensonge ? Honte à toi !  Enfermé dans lesonge,
Ton maître, l’antre de mensonges qui nous rongent !
[…]
Second tableau
Décor
Studio d’Al Jazeera. Au fond, des vitres qui séparent l’ambiance chaude du studio des grandes tours surélevées et éclairées. Au milieu, une table jonchée de papiers. Trois chaises : une pour le journaliste et deux pour les intervenants. A droite du journaliste, un ordinateur portable.
Scène 1. Faysal Qasim, présentateur de l’émission al-Ittijah al-Mou’akess, Joseph Abou Fadel, analyste politique libanais et Mohieddine Ladkani, opposant syrien.
Mohieddine Ladkani. – N’as-tu pas élevé, toi-même une pancarte
Comme au sud, remerciant cher Qatar pour sa carte ?
Joseph Abou Fadel, s’énervant, se levant après quelque temps, se dirigeant vers l’autre intervenant, ne pouvant être calmé par Faysal Qasim qui essaye de le retenir, en vain. – Marre d’écouter cet ignoble que tu es,
Oh ! Ton cou sous mes pieds, le voir… je l’aimerais.
Moi ? Moi ? Oh non ! Oh Non ! C’est un chien, celui-là!
Sa gueule… il faut surtout la fermer
Mohieddine Ladkani. –                             Tais-toi !
[…]
Comme à l’école
Les ébats joyeux des parlementaires sont aussi nombreux, comme ceux des pupilles quand leur professeur tourne le dos. Mais les élèves s’assagissent parfois, difficile à dire quand. Ils ont bien appris les civilités. Et la générosité : le plus altruiste est celui qui donne le plus de poings. Ils ont appris à respecter les droits des animaux, ce qui fait qu’ils finissent par les traiter comme des humains. Mais le plus important reste le culte sacré de la propreté. Il faut bien « purifier sa gueule » avant de parler. Et souvent, le débat se transforme en une guerre d’hygiène. La chaussure de qui est-elle la plus propre ? Et pourtant, on marche sur la même terre…
Alexandra Kodjabachi
Etudiante en première année de sciences politiques

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