Si jeunesse savait qu’elle pouvait…

Je regarde autour de moi, je scrute la jeunesse d’aujourd’hui, et je ne vois que des candidats à la corruption. Je vois défiler des esprits aussi compétents que passifs qui ne maîtrisent que l’art de se plaindre et celui de critiquer. Je cherche ceux qui sont censés être la crème de la jeunesse de ce pays pour ne trouver qu’un attachement passionnel et inconditionnel aux valeurs communautaires et claniques. C’est cette apathie, cette nonchalance; c’est ce dévouement aux idéologies vaines et cette inaction qu’on dédaigne.
Je regarde autour de moi, je scrute la génération de demain, et je ne vois qu’un avenir incertain dans un pays instable où le peuple recherche toujours son identité. C’est de ce peuple qui se veut occidental mais qui demeure attaché aux traditions orientales dont il est question. C’est cette dichotomie de la société libanaise, cette hypocrisie qu’on dénonce.
Je regarde autour de moi, je vous regarde mes amis, et je ne vois qu’une attitude outrancière, insouciante qui n’est que la partie visible d’une décadence socio-culturelle et d’une inertie intellectuelle. C’est cette fainéantise, cette indolence corroborée par la conviction que nous représentons l’élite de la société qu’on abhorre.
L’espace d’un article, on a tous cette pulsion, cette envie d’être le changement, ce courage d’être la différence, et d’être fier d’être différent. Et puis on tourne la page, on se fond de nouveau dans le troupeau, et on se contente d’adopter les idées toutes faites.
« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Gandhi l’a dit après que beaucoup l’aient pensé et avant que certains se le fasse tatouer. Je veux bien que presque un siècle plus tard, cette phrase devienne un cliché, et le sujet beaucoup trop débattu. Mais presque un siècle plus tard, rien n’a changé. La jeunesse d’aujourd’hui attend toujours le changement pour changer.
On a beau blâmer le confessionnalisme, la nature méditerranéenne, l’émigration. Il est certainement plus facile de se convaincre que nous sommes toujours en train de subir les conséquences d’une guerre civile qui a ravagé bien plus d’esprits que de corps.
Mais nous seuls sommes responsables, et nous seuls avons le pouvoir de faire de notre diversité une force, de ne pas inculquer la haine, de ne pas hériter de la rancune.
Et peut être que le pari n’est pas encore perdu, peut être, et seulement peut être, il n’est pas encore trop tard.
Peut être que demain on accordera plus de confiance à ce qu’on ressent, à nos instincts, à nos valeurs plutôt qu’au qu’en dira-t-on.
Peut être que demain on osera penser, on osera parler, crier ses convictions au risque d’être condamné, lapidé.
Peut être que demain on décidera de rendre hommage à nos prédécesseurs, à ceux qui ont sculpté les formes d’une société digne des étudiants que nous pouvons être, des professionnels que nous pourrons devenir.
Mais du commencement on peut arguer la fin. Le commencement est sombre, peut être que la fin sera meilleure.
Le seul peut être qui n’est pas peu être est qu’il est de notre responsabilité de raviver la flamme d’espoir, de dessiner un nouveau futur, de créer un nouvel avenir, un meilleur avenir.
Hala Rouphael
Etudiante en droit
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