Ignora Maxi : et le coq qu’on dilapide ?

 « La vérité n’est pas toujours conforme à l’opinion de la majorité.  » Jean-Paul II
   Tanoura Maxi, le film libanais qui a fait couler beaucoup d’encre et de critiques. Accusé de blasphème, d’atteinte aux dogmes du christianisme et à l’institution du clergé, les commentaires peu mesurés de certains en ont fait le Da Vinci Code Libanais.
    Avant de s’attarder sur la substance du film, l’ordre chronologique des évènements reliés à sa parution dans les salles de cinéma est déjà révélateur. On peut légitimement croire que, les autorités confessionnelles et laïques habilitées du pouvoir de censure (qu’on dénonce), n’ont été en rien dérangées par la teneur du long-métrage dans sa version finale. D’ailleurs, nous savons très bien qu’il est impossible qu’une pellicule ne soit projetée sans passer par le contrôle minutieux des monarques intellectuels, encore plus qu’il s’agit en l’espèce d’une production locale dont les échos se faisaient déjà entendre !
Néanmoins, l’acharnement médiatique basé sur des scènes prises en dehors de leur contexte a dû intimider ces mêmes autorités et les pousser à rebrousser chemin en demandant le retrait du film des salles. Nous saisissons l’occasion pour saluer la direction des cinémas qui ont refusé de se conformer à cette directive.
 
    Quant au fond, le scénario se résume à l’histoire d’un novice qui avant de prêter le serment final, découvre que sa vocation de prêtre est remise en question faute de pouvoir observer ses vœux de chasteté, l’action se déroule dans un village libanais durant la guerre. Le film se clôture par le mariage religieux de l’héros et de son amante en présence de ses confrères, avec la bougie symbolique qu’on allume devant la statue de la Vierge Marie.
    Evidemment, ceci n’est qu’une version simpliste, la mise en scène très artistique, à la rigueur Almodovarienne, pousse le metteur en scène à visionner le dilemme qui déchire le jeune novice. Je sous-entends l’allégorie du fond de l’église en flemme (le fond, pas l’autel), le voile blanc qui s’envole des épaules de la Vierge Marie, sort de l’église et se pose sur ceux de la jeune femme (dimension divine c. dimension humaine). Reste la fameuse scène où, le novice et la jeune femme s’emmêlent dans une relation « sensuelle » derrière des vitres tintées, cachant tout morceau de chaire ou d’érotisme.
   Bien entendu, d’autres scènes annexes s’attardent sur le cachet libanais, on cite celle représentant le cliché des bonnes femmes qui papotent au fond de l’église en pleine liturgie, chose dont on ne peut être fier mais qui inopportunément est parfois coutume. Bref, ce film n’est malheureusement qu’un témoignage bénin face à toutes les accusations que subit le clergé de nos jours en Europe et dans le monde entier.
    Dans tout cela, passe dans le film un coq qu’on fait égorger froidement et inutilement, sans que personne n’en relève le cas. En effet, cette scène cruelle et superflue qui coute bêtement la vie d’un être vivant aurait pu être facilement épargnée par des effets de sons affectés d’un montage. Cela montre à quel point l’intellect de notre société dénudé d’esprit critique, facilement détourné par les medias, a tendance à glisser sur le terrain du confessionnalisme lorsque l’essentiel se trouve ailleurs.
 
    En somme, Tannoura Maxi est original certes, artistique et nouveau dans les techniques cinématographiques utilisées certes, mais d’ici à en faire l’antagoniste de l’église et de notre société, c’est d’une part sous-estimer la foi chrétienne et ses bases, et de l’autre -pour le restant des sujets évoqués renier nos traditions et une époque de notre histoire.
                                                                                                                     Mario Macaron

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