Le principe du Quota féminin

La quasi-totalité des femmes politiques au Liban sont arrivées à leurs postes par hérédité ; sœurs, femmes, filles d’un certain martyr qui n’aurait pas laissée de successeur male prêt à assumer un poste politique. Les Libanais semblent avoir perdu l’espoir de voir un jour la percée d’une femme dans la vie politique pour son seul mérite.

On a rarement vu des femmes assez charismatiques dans ce pays, mais pourrait-on croire qu’elles n’existent pas ? Ont-elles peur de se montrer ? Que pourrait-on faire afin d’encourager les libanaises à exercer tous leurs droits politiques et à se lancer dans la vie publique ?

Afin de permettre une meilleure représentation de la femme dans la vie politique libanaise, certains ont proposé l’application du principe du quota féminin; la législature élue devrait comprendre, pour être valide, un pourcentage minimum prédéterminé de femmes élues parlementaires. Cette proposition a été revendiquée par de nombreuses organisations féministes et même par certains politiciens comme solution pour l’intégration de la femme à la vie politique libanaise.

Mais la réalité reste que ce principe fait plus de mal que de bien; d’abord, cette mesure est manifestement anti-démocratique pour le simple fait qu’elle impose aux électeurs de choisir certains candidats non sur un critère de compétence, mais sur un critère de caractéristique physique, ce qui est pire que le caractère confessionnel déjà existant, un point qui nous révèle un autre problème: Qu’en est-il de l’allocation des sièges féminins? Combien de femmes pour chaque confession ? Combien pour chaque département électoral ? La division communautaire et régionale est déjà assez complexe, un facteur supplémentaire ne fera qu’empirer la situation et augmenter les disparités de représentation.

De plus, l’allocation d’un quota a une connotation négative pour la femme libanaise, cela voudrait dire qu’elle est trop faible pour faire valoir ses droits et qu’elle a besoin d’une garantie légale pour y arriver.

La réalité est que rien aujourd’hui n’empêche la femme de s’imposer sur la scène politique libanaise; si elle mérite d’être élue elle doit d’abord s’imposer par son charisme et par sa compétence, non pas par la voie d’une loi électorale.

Cependant, même si je m’oppose complètement à l’idée d’un quota féminin, il est évident que la femme a besoin d’un certain degré d’assistance pour au moins changer la perception populaire du politicien. La véritable solution ne se trouve pas au parlement mais au gouvernement; les partis politiques devraient faire signe de bonne volonté en nommant au prochain cabinet ministériel un nombre maximum de femmes, peut-être même en appliquant la parité comme il est devenu coutume récemment en France.

Cette démarche serait un énorme premier pas vers l’intégration des femmes sur la scène politique et serait d’ailleurs plus effective: l’activité d’un ministre est beaucoup plus médiatisée que celle d’un député, la ministre a beaucoup plus d’opportunités pour prouver sa valeur à travers un travail assidu, réaliste et fructueux. Ainsi, une femme qui aura gagné une réputation solide pour ses accomplissements en tant que ministre s’imposera naturellement comme candidate à la députation.

C’est donc à mon avis en agissant sur l’exécutif plutôt que le législatif que l’on pourrait garantir à la femme une place dans la vie politique libanaise, mais encore faut-il que les partis politiques fassent signe de bonne volonté et qu’ils ne nous laissent pas, comme c’est actuellement le cas, avec un gouvernement mono sexuel.

Michael Farchakh

Etudiant en 3ème année de droit

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