La cryogénisation du système

La cryogénisation du système

 

Nous vivons aujourd’hui dans notre pays un vrai figement du système politique/étatique.

Entres les crises politiques et une situation économique et sociale empirique, nombreux ont droit de se demander vers où se dirige t’on.
Il est vrai que l’on a constamment associé le pays des cèdres au phénix, cet oiseau mythique qui, selon la légende, peut renaître de ses cendres, vertu exceptionnel en effet, mais combien d’épreuves notre pays peut il encore endurer avant de perdre cette vertu ?

Cette paralysie du système que nous vivons depuis plusieurs années fut ingénieusement concoctée par le régime syrien. Toute forme d’opposition mettant en cause le système et son fonctionnement a été catégoriquement réprimée et exclue de la participation, de façon à renforcer le repli identitaire et les divisions segmentaires.
En 2005, l’arbitre syrien quitte militairement le Liban, une suite de crises politiques jalonne le pays de manière intermittente. Prenons à titre d’exemple l’accord de Doha suite aux événements noirs du 7 mai 2008, il a constitué un compromis conjoncturel permettant une sortie de crise temporaire. En effet, il ne répond en aucun cas aux problèmes endémiques du système politique, à savoir le confessionnalisme politique et son mode de gouvernement consensuel et à la question de l’insécurité et de l’incapacité des autorités de l’Etat à contrôler l’ensemble du territoire.

Nous ne leurrons plus, ce système politique dans lequel nous vivons ne peut plus perdurer. Nous ne pouvons plus espérer ou même baser notre système sur l’éventuelle venue d’un quelconque magicien ayant la faculté de régler nos conflits incessants comme ce fut le cas à Doha.
Il est temps que les libanais parlent franchement de leurs craintes réciproques et envisagent sérieusement de faire évoluer ce système figé.

Il n’existe pas de solutions miracles à tous nos maux mais façonnons coûte que coûte ce système pour qu’il réponde davantage à nos attentes : Œuvrons pour une décentralisation administrative du pouvoir pour qu’on cesse de se tirailler sur la gestion de l’Etat central et posons ouvertement nos problèmes à travers un dialogue national franc et loin de tout intérêt transnationale autre que celui de nos compatriotes repartis aux quatre coins du monde.

Si nos instances politiques sont incapables de toucher au fond du problème et de proposer des solutions valables, il est de notre devoir en tant que jeunes et étudiants venant de différents horizons de constituer l’avant garde de notre société. Ne nous enfermons pas dans cette soi-disant fatalité venant de notre déception en nos instances politiques et croyons en l’Etat de Droit. Critiquer, dialoguer, débattre et proposer des solutions sont nos armes pour faire avancer les choses.

Je termine avec ces mots prononcés par le Père Selim ABOU, ancien recteur de l’Université Saint-Joseph : « La maturité et l’intérêt dont font preuve les étudiants sont surprenants et donnent à réfléchir. Ils sont les signes annonciateurs du changement à venir. » Le changement, c’est nous. Ne nous désistons pas de notre rôle de pionniers et, je vous l’assure, nous apercevrons la lumière au bout du tunnel.

 

Anthony Feghaly

 

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