La solidarité sociale: un devoir ou une alternative?

La solidarité sociale: un devoir ou une alternative?

Des cités dévastées par des ouragans ou des séismes, des pays en état de guerre, des attentats à la bombe dans des quartiers résidentiels tranquilles, des civils se trouvant sans abris… Un appel au secours !

C’est la mobilisation générale suite à l’attentat d’Achrafieh, accompagnée par une défaillance, voire inertie étatique. L’État s’est contenté d’observer les efforts fournis par les organisations privées et activistes bénévoles, contrairement à certains pays tels que le Japon et les États-Unis qui se trouvent régulièrement frappés par diverses catastrophes naturelles, l’État assumant pleinement ses responsabilités. Et cela, en venant en aide aux personnes sinistrées, en déployant toutes les ressources disponibles et mises en place à cette fin, que celles-ci soient humaines, financières, humanitaires, ou psychologiques…

Un exemple récent vient appuyer ces dires, à savoir que les gouverneurs et responsables américains sonnent l’alerte à la mobilisation générale dès avant même l’arrivée de l’ouragan destructeur « Sandy ». On retrouve, par conséquent, ce souci du respect et de la protection de la vie humaine à travers la mise en place de cellules de crises formées de personnel qui élabore des plans de secours et gère les situations en cas d’urgence.                                                                                                                                                  Le Liban à son tour est loin d’être à l’abri des tumultes et rien ne nous empêche de suivre l’exemple des pays qui ont surmonté les temps de crises avec un maximum d’organisation  et de professionnalisme. Et nous en manquons malheureusement…                   Rien ne justifie l’effondrement de bâtiments dû à un mauvais entretien alors que des inspections auraient dû être cycliquement entreprises par des visites d’ingénieurs spécialisés, ni le retard des pompiers lors d’un incendie.

Ce manquement  de l’État à ses obligations envers les citoyens pousse désormais ces derniers à agir spontanément en réaction à un cas d’urgence. Des collectes de fonds destinées aux rescapés sont automatiquement et systématiquement mises en œuvre, les ONG et associations caritatives de tout genre sont mobilisées pour secourir et soutenir les victimes pour pallier à la défaillance de l’État – étant donné que le Haut Comité de secours s’est contenté de verser la somme de mille dollars qui s’avère manifestement insuffisante pour dédommager les victimes de l’attentat d’Achrafieh. Cependant, la solidarité et l’empathie qui nous distinguent en tant que peuple libanais sont essentielles mais non suffisantes ; elles doivent compléter et seconder des plans de prise en charge mis au point par le gouvernement.

 

 

Dans une autre perspective, on ne peut nier que la tragédie d’Achrafieh a créé un élan de solidarité, mais en même temps elle a révélé une cupidité de la part de certains loueurs qui ont profité de la situation pour augmenter leurs loyers. De plus, cet esprit de solidarité ne doit pas être arbitraire suivant les régions, mais doit être vif partout : On ne retrouve pas le même enthousiasme et soutien apportés aux victimes d’Achrafieh  dans d’autres cas aussi tragiques comme les actes de violence dans certaines régions de Tripoli.

Ceci dit, la solidarité sociale bien qu’essentielle en l’absence d’un rôle prépondérant de l’État, se retrouve insusceptible de combler à elle seule les besoins des sinistrés. Ceci nous amène à privilégier davantage le rôle de l’éducation civique et citoyenne dans les écoles, afin de sensibiliser la jeunesse à l’entraide, quitte à ce que les générations futures œuvrent à rendre l’État capable d’assumer ses responsabilités.

Carl Chaer

 

 

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