Le mariage civil au Liban

Le mariage civil au Liban

 

Le mariage civil est considéré comme un sujet très controversé au Liban. En effet, on ne peut en parler sans le confondre avec la question de confessionnalisme à qui on a souvent reproché notre guerre civile dévastatrice, la corruption, la non-transparence, le clientélisme et la liste est longue… Jusqu’en 2013, le rêve d’un mariage civil libanais semblait encore irréalisable. Mais c’est par un simple geste que Khouloud et Nidal l’ont rendu possible: en rayant  leur appartenance communautaire de leur extrait d’Etat civil. Je ne vais pas discuter des aspects politiques ou juridiques du mariage civil car nous les connaissons tous, mais je vais me permettre d’interpréter ce premier pas comme un message d’espoir à tous les libanais. Le sujet qui était supposé demeurer éternellement tabou semble être devenu une solide réalité cette année.

 

Ce sujet a été vraiment abordé pour la première fois  en 1997, mais à l’époque, on avait trouvé plus approprié d’en discuter plus tard. Encore un “Boukra men chouf” que des raisons politiques et religieuses devaient légitimer.  Mais aujourd’hui, et en toute légalité, deux amoureux ont réussi à trouver une porte de sortie à ce cercle vicieux du communautarisme. En barrant leur appartenance confessionnelle ils ont déchargé les autorités religieuses de leur devoir qui consistait entre autre à organiser le statut civil de leurs adeptes. D’après la loi ces deux jeunes gens n’appartenaient plus à aucune confession. Par conséquent aucune autorité religieuse n’avait le droit de les marier. Cependant, en tant que citoyens libanais, ils avaient le droit de se marier dans leur pays. Le mariage civil aurait donc été la seule solution sous l’auspice des autorités libanaises. Mais l’institution du mariage civil ne répond pas seulement à une volonté de dégager le mariage de l’influence des institutions religieuses mais s’étend à une question d’identité, de citoyenneté et de sentiment d’appartenance nationale. “Le Liban est une République démocratique, parlementaire (…) fondée sur la justice sociale et l’égalité dans les droits et les obligations entre tous les citoyens sans distinction ni préférence” laisse entendre notre Constitution…mais comment voulez-vous que les libanais se sentent égaux en droits et obligations si chacun est régi par un statut personnel propre à sa confession?

 

Il est temps pour tous les libanais de comprendre que c’est par des initiatives personnelles que le changement peut aboutir. C’est par des gestes simples, de l’audace, de l’assiduité, de l’entêtement que les libertés seront moins bafouées, les droits moins violés et les libanais plus égaux. Ce couple a su trouver les brèches d’un système confessionnel destructeur et ils serviront d’exemple aux générations à venir.

Michele Laugel

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