« #Unbonjuifestunjuifmort », quand la liberté d’expression n’est plus que le déguisement du racisme

« #Unbonjuifestunjuifmort », quand la liberté d’expression n’est plus que le déguisement du racisme

 
Voici l’un des trois hashtags les plus diffusés sur le réseau twitter en France. Il s’agit de publier, sous couvert d’humour, des propos antisémites.

 

« #unbonjuif ne dit jamais: alors ça gaz? »
« #unbonjuif est un juif dont on parle au passé »

« #unbonjuif n’est pas trop grillé »
« #unbonjuif est un juif mort »
(pour plus d’amusement voir la photo des tweets)

Il y’a longtemps déjà que les blagues dites d’humour noir circulent à propos des juifs. J’ai même eu la chance d’écouter quelques-unes dont le style raffiné vous enchantera l’esprit : « Quelle est la différence entre un juif et une pizza? La pizza ne hurle pas au four » ou bien « que chante un micro-onde à une juive? Souvenirs, souvenirs. »

L’association Française SOS-Racisme s’indigne et l’Union des étudiants juifs en France s’apprête à un procès. Déjà, la loi de 2004 sur la cybercriminalité stipule que les hébergeurs et fournisseurs d’accès Internet ont l’obligation de contribuer à la lutte contre la diffusion de données à caractère raciste. Mais quelle partie est-elle la plus indignée? Eh bien, les publicateurs de tels propos parce que ce fameux droit, constitutionnellement et universellement protégé, qu’est la liberté d’expression a été violé.

Que ceux qui, en désaccord avec moi, s’apprêtent déjà à contre argumenter se détrompent: Je ne rédige cet article ni dans une optique juridique (pour traiter du conflit entre la liberté d’expression et la loi de 2004) ni dans une optique politique (celle de savoir si ce peuple, à l’origine de nombreux conflits et malheurs au Moyen-Orient, est une victime ou non). Cet article provient d’une personne bouleversée, outrée, écœurée (les adjectifs les plus exacerbes ne sauraient exprimer ce que je ressens) de ce qu’une calamité historique telle que l’extermination des juifs et ses procédés monstrueux soit traitée avec autant de légèreté d’esprit et une telle désinvolture morale.
Si seulement on savait comment ils étaient concentrés dans des ghettos où la famine et les maladies les rongeaient, comment certains servaient de cobayes, de rats de laboratoires pour tester des médicaments ou pour des expériences (par exemple le temps qu’un corps humain pouvait supporter sans nourriture ou en étant brûlé), comment à l’arrivée aux camps d’extermination, les familles étaient séparées, informées qu’elles devaient prendre une douche hygiénique, mais alors dirigées vers des salles hermétiques où l’on enfermait à la fois 3000 bons juifs, avant de les asphyxier avec des gazes tels que le monoxyde de carbone ou  un insecticide trouvé plus efficace, le zyklon B, comment un bon juif regardait son frère bon juif se faire posséder par des convulsions violentes, comment une bonne juive mère regardait sa fille rougir de visage jusqu’à étouffer(LOL !), comment après vingt minutes durant lesquelles les bons juifs se démenaient comme des possédés, vingt minutes éprouvantes de cris et d’hurlements de douleurs, plus personne ne bougeait et il ne restait que les cadavres des bons juifs, nus et décharnés par terre, entassés les uns sur les autres, comment ces cadavres avaient ensuite leurs cheveux et poils tondus, leurs dents en or arrachées, leurs objets valeureux récupérés avant d’être introduits dans un four crématoire où il n’en restait qu’un tas de bonnes cendres (crise de fous rires).

Mais tout cela, on le savait. On l’a appris sur les bancs d’écoles durant les cours d’Histoire, on l’a souvent entendu dans des conversations occasionnelles, il nous a tellement été évoqué qu’on a cessé d’y penser, que la cruauté de ce phénomène a progressivement arrêté de nous écœurer, qu’on s’est transformé en des Eichmann et sombré dans la ‘banalité du mal’, qu’on peut écouter ces blagues noires avec un sans-gêne glacial pour passer un petit moment d’agrément et finalement trouver l’audace de réclamer notre liberté d’expression. Alors que cette liberté d’expression, ce droit majestueux, n’est plus que le subterfuge de la bassesse… Le voile de l’inhumain.

 

Andréa Abi Nader

 

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