Les élections à l’USJ: le changement c’est pour quand?

Annuler les élections estudiantines est une erreur, les organiser sans les réformer en est une plus grande. Il est vrai qu’elles auront lieu cette année sauf incidents, mais des questions se posent : les satellites des partis politiques à l’université vont-ils provoquer des tensions entre étudiants ? Ont-ils appris la leçon des élections précédentes? 

Une chose est sûre, ils ont été les premiers perdants de la suspension des élections de 2014. S’ils ont été les premières victimes de leur volonté de déchaîner les foules et propager la haine, ils chercheront probablement cette année à calmer les esprits, en tous cas il en va de leur intérêt.

 

Monsieur le recteur,

L’élection à l’université est un processus démocratique qui doit avoir lieu, elle permet d’éduquer les étudiants à la vie citoyenne. Malheureusement le débat entre les différents candidats est inexistant et les enjeux ne nous concernent pas directement : la conquête d’un campus comme d’un autre constitue une bataille électorale pour le 8 mars et le 14 mars. Les étudiants sont donc appelés à voter selon leurs affinités politique et non en fonction d’un projet universitaire estudiantin ambitieux.

 

Chers étudiants et représentants des partis politiques à l’université,

Le rôle d’une amicale estudiantine est de créer une ambiance propice au développement de la vie universitaire: pourquoi n’avons-nous pas de semaine d’intégration, semaine organisée avant la rentrée universitaire, semaine qui permet aux étudiants en première année et aux étudiants étrangers de se familiariser avec les autres étudiants ? Pourquoi les soirées organisées par les représentants des partis politiques atteignent les 50$ ? Le rôle d’une amicale n’est-il pas d’organiser des soirées à des « prix étudiants » ? Le rôle d’une amicale n’est-il pas de mettre la pression sur l’université pour restaurer certains amphithéâtres vétustes ? Ne devrait-elle pas être une plateforme de sensibilisation aux questions sociales du pays et engagée sur le terrain (aide aux refugiés, lutte contre le gaspillage alimentaire et la pauvreté, récolte de fonds pour une cause précise) ?

 

Monsieur le recteur,

Nos élus universitaires représentant le 14 mars ou le 8 mars se désengagent après leur élection, leur seule période d’activité se limitant à une récolte massive de fonds pour leur campagne (organisation de soirées à des prix « anti-étudiants »). C’est la raison pour laquelle nous proposons d’instaurer un referendum en fin d’année pour évaluer le travail des élus en vue de les sanctionner. Il aura pour rôle de sanctionner les élus en cas de manquement à leurs engagements.

Monsieur le recteur,

Nous demandons une réforme du mode de scrutin qui, bien que proportionnel et permettant la représentation des deux camps dans les amicales, reste un scrutin de liste qui favorise les partis politiques. Imaginons que sur l’une des listes électorale se trouve un étudiant dont le travail (rôle dans un club, rôle social,..) ait été particulièrement remarquable. Imaginons que cette personne fait partie d’une liste du 14 mars ou du 8 mars. Le système électoral nous contraint d’élire la liste à laquelle il appartient (dans son intégralité).

 

 

Monsieur le recteur,

Tout en remettant en place les élections, l’université doit éviter l’emprise des partis et coalitions politiques sur les élections estudiantines. Outre réformer le mode de scrutin, elle doit profiter des structures déjà mises en place pour exiger des débats entre candidats. Ces débats doivent porter sur des enjeux universitaires et non politiques. Oui à une élection calme et un débat qui porte sur des questions de fond, encadré par les facultés et les structures déjà existantes. Une élection à elle seule ne suffit pas à citoyenniser les étudiants : comme dans toute démocratie, des débats publics doivent êtres organisés.

 

Chers étudiants,

À l’heure où la société civile remet en cause le système et demande des comptes aux responsables politiques, ces élections estudiantines nous permettront peut-être d’espérer quant à l’avenir de ce pays. Êtes-vous aussi inconscients que vos aînés ? Allez-vous cautionner –indirectement- les responsables de la crise des déchets et de la catastrophe écologique-sanitaire qui s’annonce ? Êtes-vous conscients que ces élections estudiantines sont le seul moyen  de sanctionner les leaders politiques ?

 

La jeunesse libanaise est-elle prête au changement ou est-elle fataliste ?

 

Anthony Abi Dib et Jean-Pierre Estephan

 

 

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