Café Béryte reprend vie!

Le sol vibre sous le raclement des chaises tout comme les esprits vibrent au son du silence qui questionne et qui observe, du silence qui dévisage. Le cercle prend forme, le cercle se raffermit ; Café Béryte vient de reprendre vie. Café Béryte vient de revoir le jour pour traiter lors de sa première séance de débat, qui s’est déroulée ce lundi 2 novembre à la FDSP de l’USJ, d’un sujet aussi actuel qu’intéressant : le mouvement civil.
Le débat, modéré par la présidente de Béryte Shehrazade-Yara El Hajjar, s’est déroulé à la lumière des interventions de Madame Youmna Makhlouf, membre de la commission des avocats chargés de la défense des manifestants du mouvement civil détenus arbitrairement et de Monsieur Samer Ghamroun, co-fondateur de Legal Agenda. Deux invitées spéciales étaient également présentes : Madame le Doyen Léna Gannagé et Madame le Professeur Marie-Claude Najm.
L’un des divers aspects du sujet débattu a porté sur la surmédiatisation des événements d’août qui a eu un impact malsain sur le mouvement civil dans le but de l’instrumentaliser. L’un des aspects les plus marquants du débat, développé par Madame Makhlouf, a été celui des détenus arbitrairement dont les droits les plus élémentaires n’ont pas été respectés. Ils ont étés victimes de détentions sans accusations ni même suspicions, détentions qui, dénuées de tout fondement juridique, sont en violation flagrante de l’article 47 du Code pénal Libanais ! Pire encore, les avocats, qui n’ont même pas eu accès au nom des détenus, ont aussi dû se saigner à blanc pour interdire les tests de drogue injustifiés pratiqués sur les détenus et qui ne visaient en fait qu’à marginaliser une fraction des manifestants. Dans ce contexte, le rôle réduit quant à la protection des détenus arbitrairement et l’attitude méprisante adoptée par l’Ordre des avocats à l’égard du mouvement fut aussi critiquée et les intervenants ont souligné que seul un embryon d’avocats militants soutient la cause des manifestants.
Cependant, le débat fut clos sur une note d’espoir: le fait que le mouvement ne soit pas réellement organisé et qu’il n’ait pas un leader effectif a été dépeint non de manière obscure mais plutôt comme la voie qui permet aux libanais de s’exprimer, et de s’exprimer ensembles, sans être aveuglés par le culte du chef et qui permet également aux étudiants de mener le combat. C’est alors que l’idée de fonder un Observatoire des droits fondamentaux au sein de la FDSP a été proposée, formé d’étudiants et d’enseignants.
Comme Monsieur Ghamroun l’a affirmé: « Ne cherchez pas un maitre dans ce mouvement, créez des initiatives…et le changement viendra ! ».

Gaïa Rizk
Étudiante en troisième année de droit

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