Le prix de la paix

« Si Vis Pacem, Para Bellum » Qui veut la paix, prépare la guerre. Cette locution latine datant des conquêtes romaines était tombée dans l’oubli suite aux nombreuses ratifications qui ont visé à rapprocher les peuples et instaurer un semblant de « paix internationale ». Mais elle retrouve tout son sens de nos jours, avec les multiples conflits intercontinentaux et la menace terroriste qui pèsent sur le monde. Elle devrait être gravée sur tous les frontons jusqu’à l’instauration d’une paix réelle.

Mis à part les restrictions juridiques et les nombreuses lois qui régulent les rapports des Hommes en société, les libertés fondamentales sont évidemment intouchables et se définissent comme étant les libertés essentielles inhérentes à chaque personne vivant dans d’un État de droit. On retrouve au sein de celles-ci les libertés publiques et les libertés politiques. De ces deux libertés découlent les droits fondamentaux de chaque personne notamment le droit à la vie et le droit au respect de la dignité humaine qui bannit la torture et les travaux forcés selon l’article 5 de la  déclaration universelle des droits de l’homme.

Ces droits et libertés sont sujets à des critiques et à des remises en question, surtout en ce XXIème siècle qui en 15 ans d’existence, présage de sombres années à venir.

Les libertés fondamentales sont-elles à reconsidérer en cette période de crise internationale? Ne sont-elles pas source de dérives, d’où la nécessité de les encadrer?

À commencer par le droit à la vie. Le débat est souvent ouvert à l’issu d’un attentat ou d’un fait divers qui donne froid dans le dos. L’homme est-il en mesure de garder un droit à la vie à la suite d’une atrocité qu’il a commise et qui dépasse les limites de la raison et de l’horreur? Les extrémistes répondront fermement par la négative. Cela choquerait les esprits des défenseurs des droits de l’Homme, qui s’offusquent des condamnations à mort des prisonniers ayant commis des crimes sanglants glaçants comme le relate l’exemple des manifestations devant les prisons au Texas qui réclamaient l’abolition de la peine de mort. Et la mort de la victime passait pour un fait divers…

Mais comment vaincre l’horreur dont sont victimes nos sociétés si ce n’est par l’horreur elle-même? Les mesures pénitentiaires qui condamnent les meurtriers sans état d’âme sont-elles efficaces ou ne font-elles qu’enfler les chiffres de prisonniers qui seront logés et nourris aux frais du contribuable? Il semblerait que ces jours, faire passer le bourreau pour une victime aux yeux du public a plus de succès que de se rappeler de la victime elle-même.

Le second droit est celui du respect de la dignité humaine qui interdit les pratiques de torture et de travaux forcés. Alors même que ce droit interdit toute forme de torture, mentale ou physique, dans ce contexte de peur et de guerre contre le terrorisme, il est crucial d’obtenir des informations et des sources quant à où, comment, qui et quand un terroriste ou un complot frappera.

La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont 82 États sont signataires, stipule en son article 2, paragraphe second: « Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture« . Cela étant dit, les règles de droit sont abstraites, générales, et impératives, et donc la convention protège également les personnes préparant des attentats, viols, trafics de drogues… Aucun motif, aucune excuse, ne peuvent être invoqués dans ces circonstances pour interdire la pratique de la torture. Car sa fin est justifiée et se veut préventive contre toute éventuelle catastrophe.

Le sujet est délicat quant à l’abolition d’un droit de vie ou de respect de la dignité humaine des personnes qui portent une atteinte grave à l’ordre public et mettent en danger la sécurité des peuples. Les pratiques de réinsertion et de réadaptation mises en place par les sociétés modernes sont les solutions que proposent les juristes et les législateurs afin de contrer ces montées de violence et de radicalisme. Mais sont-elles réellement efficaces contre des personnes qui sont ancrées dans la violence, qui ne répondent qu’à l’appel des armes et qui s’adonnent aux perversions de l’esprit? Cela reste à être vérifié dans les statistiques et les nombreux programmes de réinsertion sociale proposés.

Certains considéreront ce discours comme étant extrême et violent. Mais il n’est rien de tel. Cela est simplement une constatation des faits, de ce qui nous entoure, et face à ce qui nous menace. Qui veut la paix, prépare la guerre, mais qu’elle soit, pour une fois, la guerre des Justes.

Fouad Salame

Etudiant en troisième année de droit

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