Quelle unité pour le Liban après les attentats à Beyrouth ? Regain d’optimisme ou fatalisme chronique ?

Deux semaines après les attentats à Bourj El-Barajneh au sud de Beyrouth, est-il permis de penser, enfin, à une unité et à une alliance des communautés et des politiques dans le pays?

Le Liban est une mosaïque de confessions et de partis politiques. Le courant du Futur et le Hezbollah sont en perpétuelle opposition et leurs désaccords n’encouragent pas à assainir la politique libanaise. Venant tout juste de fêter l’indépendance du Liban ce dimanche 22 novembre 2015, il convient de remarquer que si l’Etat est indépendant objectivement, car il a une souveraineté, des frontières et un peuple, il demeure néanmoins fragile et dépendant de toutes ses fractures internes.

Attentat bourj el barajneh

Pourtant, au lendemain des attentats à Bourj El-Barajneh, la coopération entre le Hezbollah et l’Etat libanais semble d’une part inévitable pour déjouer d’autres attentats futurs, et d’autre part essentiellement souhaitée pour maintenir une cohésion sociale. En effet, cette dernière semaine, le Hezbollah a fourni des renseignements qui ont permis la neutralisation de la cellule terroriste responsable des attentats et l’arrestation de suspects. A l’instar et en parallèle de l’Etat libanais, le Hezbollah a su développer un service de sécurité et de renseignements qui a été en mesure d’aider à identifier des individus et à situer des lieux en lien avec la cellule terroriste, démantelée en 48h. Mohammad Fneich, ministre d’Etat pour les affaires parlementaires et membre du Hezbollah, a évoqué ce rapprochement : « La relation entre la Résistance et les forces de l’ordre entre dans l’intérêt du Liban. Nous avons urgemment besoin d’assurer un climat politique propice en vue de faire face à la menace contre notre sécurité ».

Cette coopération inédite est un signe d’un potentiel compromis entre les différentes factions ayant pour but la sécurité nationale.

Le choc du 12 novembre pourrait-il aussi pousser le Parlement à régler la crise politique interne et à fournir un Président de la République avant le 31 décembre ? Ceci garantirait le déblocage et l’octroi d’aides économiques allouées au Liban pour son développement. La Banque Mondiale ou encore la France refusent d’accorder des aides à un pays qui tarde à élire un Président alors que le Liban fait face à de nombreuses difficultés, dont la gestion des réfugiés syriens, le terrorisme ou bien encore l’assurance bancale de services publics à ses citoyens, que ce soit en matière d’électricité, d’eau ou de déchets.

Alors, la nécessité qui s’impose est de saisir cette dynamique pour s’acheminer vers un changement  et une conciliation politique afin de donner au pays un gouvernement fort et respectueux de sa Constitution.


Camille DERANGERE

Etudiante en master sciences politiques

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