Conférence à la FDSP sur le vide présidentiel : Qu’en pensent les étudiants ?

Face à tous ces changements au sein de notre société politique, le vide présidentiel, la paralysie du pouvoir législatif et les nouvelles alliances, les étudiants se sont constitués des opinions différentes. Certains culpabilisent le courant du 8 mars du vide présidentiel, d’autres analysent le support soudain de Saad el Hariri à Sleiman Frangieh comme le camouflage d’un «business deal ». Certains trouvent la réconciliation entre les forces libanaises et le courant patriotique libre comme une excellente opportunité pour les chrétiens de se manifester dans la société libanaise alors que d’autres critiquent l’appui de la candidature de Michel Aoun par Samir Geagea la qualifiant d’une réaction rapide et maladroite suite au soutien porté par le parti futur à la canditature de Sleiman Frangieh.

À la conférence du 17 février organisée par l’Amicale de la Faculté de Droit, les représentants des partis politiques ont tour à tour présenté différentes interprétations des nouvelles alliances et du vide présidentiel et les répercussions de ces explications sur la jeunesse ont été variables. Les étudiants, indignés par leurs politiciens justifiant leur incapacité à élire un président par «  la déficience du système », et le fait «  que l’élection d’un président n’est pas uniquement une décision nationale mais aussi une décision régionale », s’acharnèrent à poser des questions pointilleuses et bien ciblées aux représentants des différents partis politiques. L’ambiance était tantôt décontractée et tantôt tendue. Les étudiants pointaient du doigt les politiciens les accusant d’être responsables du vide présidentiel, alors que ces derniers s’accusaient les uns les autres. Qui serait donc responsable du vide présidentiel ? Une question dont la réponse est introuvable.

Quel a été l’impact de la conférence sur les étudiants ?

« En tant que citoyens et en tant qu’étudiants en droit nous ne pouvons ignorer les évènements qui nous entourent, nous sommes concernés par le vide présidentiel et cette conférence a été une occasion de voir le côté pratique des choses et  les enjeux politiques des partis », affirme Yara Souaid, étudiante en 3ème année de droit. Du même avis, Magalie Boustany, étudiante diplômée de  la faculté de droit, précise que : « Suite à l’interaction entre les politiciens et les étudiants, ces derniers sont devenus de plus en plus impliqués dans la société politique. »

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Avez-vous trouvé des réponses à vos questions ?

« Ils ont répeté tout ce qu’ils disent à la télévision mais cela ne m’a pas empêché de trouver des réponses à quelques questions personnelles », répond Georges Assaf, étudiant en 2ème année de droit.

« Les étudiants  n’ont certainement pas trouvé de réponses mais ils ont pu se faire des opinions personnelles, cette conférence a pu développer le raisonnement politique des étudiants en droit, leur donner une vision plus approfondie des choses » confirme Magalie Boustany.

Yara Souaid,  tout en affirmant que  « Nous n’avons pas trouvé de réponses directes mais je pense que les étudiants ont pu se constituer une opinion personnelle à propos de tout ce qui a été dit. » ajoute qu’« une partie des conférenciers a accusé le courant du 8 mars et le Hezbollah de ce vide, tandis que le représentant du courant patriotique libre a dénoncé le système défaillant et le fait que le parti futur ne respecte pas la volonté des chrétiens dans la société politique, et personnellement, j’ai été la plus convaincue par l’opinion du député Alain Aoun. »

Anthony Abi Dib, étudiant en 2ème année de droit, souligne quant à lui qu’« On tourne en rond autour d’un sujet qui concerne un poste vide de pouvoir, dans cette conférence on parlait toujours d’un poste et jamais d’un programme, jamais une réponse aux questions sociales, questions économiques, questions de tous les jours, et c’est ce qui fait peur avec nos politiciens. Ils ne nous avancent même pas en quoi un candidat est meilleur que l’autre, toute la conférence tournait autour du « je » et qui a le plus raison dans sa tactique »

« Je savais que la conférence n’allait pas nous apporter des réponses car les politiciens ont toujours leur façon de détourner les questions », avoue Rita El Am. « Ils m’ont demandé de leur envoyer des questions préparées à l’avance, mais j’ai refusé, je leur ai juste envoyé le sujet de la conférence. J’insistais sur le fait que les questions soient spontanées plutôt qu’écrites. Sabine Oueiss m’avait proposé de préparer des questions au cas où les étudiants étaient réticents mais je lui ai dit que j’étais sûre que les questions venant des étudiants en droit seront très ciblées et très pointilleuses. C’était une très bonne conférence, j’en suis très satisfaite, ce n’est pas évident de rassembler des politiciens de camps opposés autour d’une même table. J’espère que ça a été intéressant, je ne m’attendais certainement pas à ce qu’on puisse se mettre d’accord sur l’élection d’un président mais ce qui comptait pour moi c’est que les étudiants aient la chance de poser leurs questions »

Bref, plusieurs opinions se forment mais la conclusion est toujours la même : Comment sommes-nous arrivés là ? Qui est le responsable du vide présidentiel ? Quel est le sort qui nous attend ?

Tatiana Lebbos

Étudiante en 1ère année de droit

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