Poisson d’avril!

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Les dés sont lancés. Ils virevoltent et tournoient, dansent et chatoient, et retombent mollement sur l’écrin de velours: al zaher, le hasard. Sauf que cette fois, comme toutes les fois, ce n’est pas le hasard qui est au rendez-vous.

Etrangement, les événements frappent et martèlent, la Une des journaux se noircie, l’encre coule quotidiennement devant nos faces ébahies :

Le blé cancérigène est dévoilé, notre pain de chaque jour n’est plus béni.

Un grand réseau de prostitution est percé et de farouches poursuites contre les trafiquants d’être humains sont entamées.

Des câbles internet illégaux sont soudainement découverts, presque par hasard, c’est à croire que la lutte contre la corruption est menée au Liban par les Dupondt, qui nous dirons même plus : « c’est un pur hasard ! ».

Tout d’un coup, l’urgence est proclamée, la décision est enfin prise en ce qui concerne les déchets : il fallait qu’ils fermentent sous le soleil et sous la pluie, à midi comme à minuit, plus de neuf mois, avant de devoir séparer Homme et Poubelle.

Subitement, les Tribunaux militaires daignent prononcer un jugement, quoi que non assez juste, mais au moins assez sérieux, contre Michel Smeha. Pourquoi seulement lui ? Pourquoi maintenant ?

Tant de coïncidences en si peu de temps, c’est comme si, l’espace d’un instant, « tout ira bien dans le meilleur des mondes ».[1]

Malheureusement pour le peuple libanais, « Le hasard n’est et ne peut être que la cause ignorée d’un effet connu ».[2] C’en est presque drôle, cette stratégie d’enquiquiner le libanais, de le pousser à bout, avant de le rattraper de justesse au dernier moment, juste avant la chute fatale. La vie politique est figée, les conditions de vie sont risibles, la situation est en ébullition, et puis, tout d’un coup, elle se dégonfle de ci de là, ici, là bas.

Marée haute, marée basse, haute, basse. Mais jamais jusqu’à la révolution. Mais jamais jusqu’à la satisfaction.

Bon Citoyen, l’Etat est loin de se délester de la corruption, ses actes de grâce loin d’être salvateurs sont un élégant « Taisez-vous », loin d’être des hasards ce sont des bouche-trous.

                                                                                                Gaïa Rizk

                                                                                                Etudiante en troisième année de droit

[1] Voltaire, Candide.

[2] Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764.

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