Les Combats du Pape François: Ses Préoccupations Mondiales

Le Pape François, dans sa lutte, s’est tracé une feuille de route qui englobe tous les domaines à un niveau mondial : problèmes économiques, migratoires, sociaux, écologiques…

« Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création » (Marc 16 :15).

Prêcher, voilà ce qu’un chrétien pourrait faire de mieux, voilà un formidable acte d’amour, aller vers l’autre, partager sa foi, son amour pour le Christ, montrer le chemin de la délivrance à tous ceux qui sont égarés, s’oublier soi-même pour ne s’occuper que des autres ; Prêcher.
Le Pape François est aujourd’hui en croisade, et il prêche la bonne nouvelle au monde entier. En apparence, on pourrait penser que le Pape ne s’adresse qu’aux chrétiens, ne visite que les catholiques, mais ses gestes d’amour, son combat contre le mal sous toutes ses formes, atteint tous les esprits grâce à une formidable couverture médiatique et surtout grâce à une honnêteté et un charisme foudroyants.

« Le Pape a un discourt éminemment politique mais il n’est pas pour autant socialiste »

Est-il socialiste comme certains le disent ? Le Pape, en effet, ne manque pas de s’attaquer au capitalisme et aux inégalités qu’il cause, à la misère qu’il entraine ainsi qu’à la corruption qui ronge les États et les classes politiques. « Le Pape a un discours éminemment politique mais il n’est pas pour autant socialiste », explique le père supérieur Charbel Chahine. Les préoccupations « sociales » du Pape sont fondamentalement évangéliques, la religion chrétienne est fondamentalement sociale, car elle pose les bases des relations entre les hommes et s’intéresse à la vie commune.
Dans son dernier voyage au Mexique, le Pape a célébré des messes dans les villes les plus touchées par la pauvreté, la violence des cartels de drogue et l’émigration. Il est allé affronter le mal là où il triomphe.
À Ecatepec, banlieue déshéritée et surpeuplée de Mexico, avec un fort taux de criminalité, surtout de femmes, le Pape a dénoncé les profondes inégalités de même que l’orgueil de ceux qui se considèrent au-dessus des autres.

« Une richesse qui a le goût de la douleur, de l’amertume et des souffrances : tel est le pain qu’une famille ou une société corrompue offre à ses propres enfants », a-t-il dit à la foule[1]. Le Pape François a invité les Mexicains « à être en première ligne, à être les premiers dans toutes les initiatives qui aident à faire de cette terre mexicaine bénie une terre d’opportunités ». Une terre « où il ne sera pas nécessaire d’émigrer pour rêver ; où il ne sera pas nécessaire d’être exploité pour travailler ; où il ne sera pas nécessaire de faire du désespoir et de la pauvreté d’un grand nombre l’opportunité de quelques-uns ; une terre qui ne devra pas pleurer des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants qui finissent, détruits, dans la main des trafiquants de la mort. »[2].
Au Chiapas, Etat le plus pauvre du Mexique et qui compte un grand nombre d’indigènes, le Pape a demandé pardon auprès des peuples natifs pour avoir été maltraités et pour souffrir encore aujourd’hui d’exclusion et de pauvreté. Il a aussi évoqué l’incompréhension dont ont été victimes les natifs et a appelé la société « à faire son examen de conscience et à demander pardon »[3].

Il n’est plus possible d’ignorer la crise humanitaire de ces dernières années qui a provoqué la migration de milliers de personnes.

À Ciudad Juarez, le Pape a tenu une messe surréaliste, sur la frontière entre le Mexique et les États-Unis, à seulement quelques dizaines de mètres du fleuve Rio Grande/Rio Bravo qui sépare les deux pays. Devant les foules rassemblées des deux côtés de la frontière, le Pape a plaidé la cause des immigrés : « Ce sont des frères et des sœurs qui partent, chassés par la pauvreté et la violence, par le narcotrafic et par le crime organisé »[4]. Dans son homélie, il a dit qu’il n’est plus possible d’« ignorer la crise humanitaire de ces dernières années qu’a provoqué la migration de milliers de personnes, que ce soit par train, par route ou même à pied, traversant des centaines de kilomètres à travers les montagnes, les déserts, les chemins inhospitaliers »[5].

Pope Francis stands next to a wooden cross at the border between Mexico and the U.S. in Ciudad Juarez,
Le Pape François entre le Mexique et les U.S.A. à Ciudad Juarez, 17 février 2016. REUTERS/Max Rossi – RTX27FS4

Le magazine Forbes est même allé jusqu’à dire que comparé aux candidats à la présidence des États-Unis, le Pape est le seul à posséder une expérience scientifique…

 

Le Saint-Père s’est aussi avéré un farouche défenseur de l’environnement. Dans son deuxième encyclique, Laudato Si’ (Loué sois-tu !) présenté le 18 juin 2015, le Pape a décrit l’environnement comme étant un bien commun qu’il est impératif de protéger et s’est indigné du manque de réaction des citoyens et de la perte du sens de responsabilité envers nos semblables. Il a ainsi pointé du doigt les conséquences du réchauffement climatique sur les populations du tiers monde et l’injustice que ceux-là subissent à cause des agissements des pays industrialisés. Le magazine Forbes est même allé jusqu’à dire que comparé aux candidats à la présidence des États-Unis, le Pape est le seul à posséder une expérience scientifique, le seul à exercer des responsabilités sur une population plus vaste que celle des États-Unis, et le seul à se fixer une feuille de route concernant l’équilibre durable de la Terre et de toute forme de vie existant dessus[6].

Le Pape François, dans sa réforme du Vatican, dans ses prises de positions sur les divers sujets de l’environnement, de l’immigration, des inégalités sociales ou de la corruption, est aujourd’hui un homme d’engagements à stature internationale. Il a prouvé que l’Église est forte car elle a le pouvoir de se changer et a porté cet exemple de réforme à tous les citoyens du monde, les poussant à prendre à leur tour l’initiative de changer leurs vies et leurs sociétés au noms des valeurs chrétiennes qu’il n’a cessé de prêcher. La popularité mondiale du Pape François est le plus grand témoin de sa réussite et de l’enthousiasme pour un tel homme, avec tous ce qu’il représente comme idéaux, changements et bonne foi, choses qui se font rares chez le reste de la classe dirigeante mondiale.

Nicolas Ghosn

Étudiant en deuxième année de Droit

 

[1] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/2016/02/14/006-pape-francois-mexique-ecatepec-messe.shtml
[2]http://fr.radiovaticana.va/news/2016/02/15/le_pape_%C3%A0_ecatepec__que_le_mexique_soit_une_terre_dopportunit%C3%A9s/1208651
[3] http://www.actulatino.com/2016/02/16/mexique-le-pape-francois-defend-les-cultures-indigenes-au-chiapas/
[4]http://fr.radiovaticana.va/news/2016/02/18/le_pape_%C3%A0_ciudad_juarez__%C2%AB_plus_de_mort_ni_d%E2%80%99exploitation_%C2%BB/1209511
[5] http://www.europe1.fr/international/mexique-le-pape-denonce-a-ciudad-juarez-la-tragedie-humaine-des-migrations-forcees-2670925
[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_(pape)#Laudato_Sii

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