Les vestiges de notre passé… tombés dans l’oubli.

 

Le sol libanais est parsemé de monuments qui témoignent de notre passé. De Tyr au Akkar, de Beyrouth à Anjar, les monuments historiques se disséminent sur le territoire de notre patrie ; la terre des pères. Nos pères qui ont, depuis des millénaires, creusé roches et sarcophages, bâti villes,  citadelles, tombes, et temples.

Cependant, on ne peut cacher au visiteur le spectacle désolant de ces monuments, presque vides pour une bonne partie de l’année. Hormis quelques rares libanais intéressés – si ce n’est pour prendre des photos- et quelques touristes curieux ayant souvent plus de connaissances que nous concernant notre propre histoire, le libanais lambda « n’en a que faire » !

Omar, un ami tripolitain, m’a confié  qu’il n’avait jamais eu la curiosité de découvrir ce qui se cachait derrière les murs de la citadelle de Saint-Gilles, pourtant un site inévitable et très imposant de la ville de Tripoli, qui demeure déserté et largement méconnu par la majorité des libanais voire même des tripolitains.

Par ailleurs, des régions comme le Sud-Liban, la Bekaa ou le Akkar avec leurs richesses géographiques, historiques, et culturelles sont peu fréquentées par les chrétiens du centre, comme Christian, un maronite de la montagne qui a pourtant voyagé aux quatre coins du monde ! Une mentalité[1] désormais très répandue chez la génération qui a vécu la guerre et ce à travers  toutes les communautés : on ne visite pas les vestiges qui se trouvent sur le « territoire de l’autre ».

Mais que dire d’un peuple qui ignore son histoire et connait Paris, New-York ou Dubaï avant Tripoli, Baalbek et Rachaya !

Ce désintérêt s’explique en partie par un certain manque dans notre culture[2] devant être acquis dès l’âge précoce dans des écoles préoccupées par l’accumulation des fortunes ou par des examens officiels aux programmes révolus ; sinon acquis par des parents qui ont vécu le traumatisme de la guerre civile et restent cloitrés dans ‘’leur canton’’.

En outre, une renaissance culturelle et un regain d’intérêt pour nos sites historiques et naturels peuvent s’avérer très bénéfiques pour le développement économique des régions défavorisées et périphériques. Un tourisme interne à bas coût, accessible à tous, peut donner un coup de pouce à un secteur qui souffre pour subsister.

Visiter nos vestiges c’est connaître notre passé, et « Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir ».

Jean-Pierre Estephan

                                                                                    4ème année de droit

                                                                                    3ème année de sciences politiques

 

[1] Une mentalité libanaise d’isolement causée  par la peur de l’autre. 

[2]  « Par culture on veut dire l’ensemble des aspects intellectuels, artistiques et idéologiques d’une civilisation ou d’un groupe particulier. Dans notre cas on souligne le  manque d’esprit de découverte, de passion pour l’histoire ou l’archéologie, et l’habitude peu répandue de passer les vacances dans d’autres régions du pays, surtout les régions périphériques habitées par d’autres communautés ; à moins qu’on en  soit originaires ». 

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