La réforme administrative au Liban, oui mais comment ?

Une conférence sur la réforme administrative au Liban a été organisée par la Chaire Riad El Solh au sein de notre faculté ,une conférence animée par l’ex ministre Georges Corm, qui a une longue expérience dans les affaires administratives de par son exercice de la fonction de ministre des finances ainsi que de par ses multiples ouvrages traitant de sujets se rapportant à l’Etat, étudié dans ses multiples facettes.

 

Cette conférence avait pour objectif difficile, et d’ailleurs M. Corm l’a souligné, de poser des perspectives de réforme pour l’administration libanaise, qui frôle aujourd’hui l’effondrement.

Et c’est par l’histoire que M. Corm a choisi de commencer. Pour ceux qui s’attendaient à une liste d’actions pragmatiques à exécuter pour redresser l’administration, c’est en effet à une analyse historique, politique, structurelle qu’ils ont eu droit.

 

Le problème est en effet pour Georges Corm si profond, ancien et inhérent à l’administration, qu’il est important de remonter à sa source, remonter aux prémices de l’administration libanaise.

Le Qaimacamat, la Moutassarifia, le conseil d’administration du Mont-Liban, ce sont les débuts de notre administration, mais ils ne sont que les résultats d’affrontements d’ordre géopolitique par lesquels les puissances coloniales, essentiellement la Grande Bretagne et la France, tentaient d’assoir leur pouvoir dans la région. Ces puissances et d’autres encore avaient chacune une communauté qu’ils protégeaient et qui leur assurait une présence politique sur le terrain. C’est ainsi que le communautarisme s’est créé.

 

La consécration de ceci, c’est l’arrêté de 1936 qui institue les communautés confessionnelles au Liban et Georges Corm considère que cet arrêté est la vraie première constitution libanaise.

L’histoire du Liban qui suit cet arrêté n’a été que lutte entre ceux qui veulent gonfler les spécificités des communautés et ceux qui veulent rassembler les communautés et tous les libanais dans une même entité. C’était en effet le projet de Fouad Chéhab et ce projet-là ainsi que la pensée Chéhabiste restera dans les consciences et apparaîtra dans l’accord de Taef à travers la formule de développement égalitaire, الإنماء المتوازن, qui la résume en quelque sorte.

 

La guerre nous a fait perdre beaucoup, les projets de développement dans les régions sont tombés à l’eau, et ce que nous avons surtout perdu, c’est l’éthique et la morale. Celle-ci n’a pas été rétablie après-guerre, et ce qui était permis à l’époque des milices l’est resté après leur dissolution.

 

Ce survol historique pour dire quoi ?

Pour dire que le problème est profond et doit être traité en profondeur.

 

Des orientations de la reforme ont été données et la première fut la nécessité de changer les mentalités par le changement de la loi. C’est dans ce sens que la réforme doit être faite. On parlera alors d’un statut civil pour tous qui serait au choix et les trois présidences de l’Etat seraient tournantes, revenant chaque fois à une communauté.

 

La reforme impliquerai aussi de ne pas se positionner comme terre de dialogue islamo-chrétien. Ce serait un poids trop lourd à porter et le problème du Liban n’est pas là. Ce n’est pas l’affrontement de ces deux religions qui est le problème mais le positionnement par rapport à l’international. Il faudrait le penser sans passions. Il serait plus bénéfique de puiser dans l’arabisme, et de pousser au dialogue sur ce sujet pour définir cette notion. M. Corm évoquant à ce sujet la fantastique culture que les libanais possèdent en commun, qui les rapprochent et qui leur permet d’avoir un bagage suffisant pour ouvrir un tel dialogue et arriver à une synthèse.

 

Finalement, un retour à la doctrine de Fouad Chehab s’impose, il faut développer les régions de façon égale, sortir les gens de la pauvreté, de l’ignorance et les soustraire au joug du féodalisme pour espérer un changement.

 

Et l’administration dans tout cela ?

Elle n’est que le reflet de l’Etat et du peuple. Elle sera saine quand l’Etat sera sain et quand l’individu deviendra citoyen.

 

 

Nicolas Ghosn

Troisième année de droit

Etudiant en sciences politiques

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source de la photo: http://www.ekouter.net/pour-une-lecture-profane-des-conflits-avec-georges-corm-pour-citephilo-a-lille-2370

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